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Benoît SOILLY
Des civils en renfort dans la police nationale
Publié le jeudi 10 novembre 2011 à 09H57
Troyes- Chaque citoyen peut désormais devenir « collaborateur du service public » en intégrant la réserve de la police nationale. Utile ou gadget ?
« Engagez-vous ! », qu'il disait. Désormais, des civils peuvent entrer dans les rangs de la police nationale en tant que réservistes. Dans un décret du 26 octobre adopté en conseil des ministres, il est stipulé que « tout citoyen français âgé de 18 à 65 ans est autorisé à rejoindre, sous différentes conditions, la réserve civile de la police nationale en qualité de volontaire ». Une vraie nouveauté au sein des commissariats. Car, si la réserve de la police nationale existe depuis 2003, elle était uniquement composée de policiers à la retraite.
Quelle sélection ?
Pour être accepté dans cette réserve civile et disposer du titre de « collaborateur du service public », il faut toutefois satisfaire à certains critères. Au-delà d'être français, il faut détenir un bulletin numéro 2 du casier judiciaire vierge. Surtout, il faut « posséder l'aptitude physique requise pour exercer une activité dans la réserve ».
La procédure de sélection des candidats s'effectue en quatre phases : « Une enquête administrative, un examen du dossier, un entretien avec un chef de service et une visite médicale », souligne le commissaire Dewas, actuel directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) par intérim.
Quelles missions ?
En cas de dossier valable, le réserviste suit une formation globale de dix jours et signe un contrat d'engagement d'un an. Il peut travailler 90 jours par an au maximum et est rémunéré dans des conditions qui restent à définir.
Plusieurs types de missions s'offrent aux réservistes. Au niveau de la police judiciaire (PJ), le « collaborateur » peut se voir attribuer le statut d'agent de police judiciaire adjoint.
Encadré par un OPJ, il peut participer à des contrôles routiers sur la voie publique ainsi qu'aux opérations Tranquillité vacances ou Tranquillité seniors.
Il reçoit une carte d'identité professionnelle et un uniforme de police avec un badge spécifique. Le réserviste peut également intégrer la police d'audience dans le cadre du tribunal d'assises, faire de la médiation avec des lycéens, de la surveillance ou se spécialiser dans un domaine selon ses compétences (maintenance de véhicules, informatique, etc.)
« Pour la police nationale, c'est une nouvelle source de recrutement », souligne le commissaire. Et un moyen de pallier la baisse des fonctionnaires ? « Non, c'est un bon moyen de pallier le surcroît d'activités en donnant plus de souplesse aux services. »
Quels risques ?
Y a-t-il un risque à donner un pouvoir de police à un groupe de citoyens dont ce n'est pas le métier ? « Non, car le réserviste travaillera toujours en binôme avec un titulaire. Ils ne formeront pas un groupe à eux seuls. »
Le fait d'intégrer des citoyens une partie de l'année dans le corps policier n'encourage-t-il pas la délation ? « Communiquer des informations à la police n'est pas un gros mot. Pour moi, ce n'est pas de la délation, c'est de la citoyenneté. »
Pour le moment, ces réservistes ne sont pas armés mais dans les textes « rien ne s'oppose à ce que cela soit le cas dans le futur. La porte reste ouverte ». Une porte qui devrait tout de même rester close.




